Au château, nous avons passé un week end assez spécial. En effet, comme indiqué un peu plus bas dans le blog, le 3 mai nous inaugurions l'exposition "Marie, une marquise artiste au
XIXè siècle". Or, pour nous qui "vivons" dans le château six jours sur sept (et plus si affinité pour le régisseur et sa famille), cet évênement avait un petit goût de nostalgie et de paradis
perdu: celui du temps où le château vivait au rythme de ses habitants. Sans doute était-ce le fait d'avoir exhumé des coffres de la famille des documents inédits qui n'avaient plus été touchés
depuis que la marquise elle-même les y avait déposé il y a plus de 80 ans. Mais c'est surtout l'occasion pour nous qui l'arpentons chaque jour en tous sens, de retrouver l'émerveillement
et la curiosité de notre arrivée.
Il faut en effet écouter la petite fille du régisseur parler, des étoiles dans les yeux, de sa "chasse aux secrets" dans les vieux couloirs qui grincent du château à la nuit tombante.
Je suis ainsi resté une bonne dizaine de minutes avec elle un soir tandis qu'elle m'expliquait comment, avec ses parents, ils avaient découverts "la porte secrète" d'un laboratoire photographique
oublié en suivant à la lettre les indications données par "le livre de madame marie". C'est un peu grâce à elle que j'ai réalisé combien nous, les grands, avons tendance par la répétition des
gestes devenus banals à nous blaser de tout alors même que ce qui nous entoure est un appel constant à l'imagination et au rêve.
Lorsque l'on a compris cela, soudain, le regard change. Les meubles fatigués redeviennent les outils d'un quotidien oublié et l'on est avide d'en ouvrir le moindre tiroir. La plus
petite chambre devient une énigme. Est-ce celle-là dont parle la Marquise et où dormait sa chère petite Charlotte? N'est ce pas ce bureau où le marquis s'est fait photographier et
dont on vient de développer la plaque de verre pour la première fois depuis le XIXè siècle? Et où donc se trouve cette fameuse étuve où Marie avait l'habitude d'écrire son journal pour fuir le
froid d'hiver? Pour nous, habitués au silence des couloirs, aux regards vides des portraits et surtout, au triste marasme de l'habitude, cette redécouverte du château le peuple
de nouveau de l'ombre et des bruits de pas du marquis et de sa femme, de Léon le jardinier, du cuisinier et de la servante,... Combiens d'invités ses vieux murs aux tapisseries fânées
ont-ils vu passer pendant les années fastes? Je me rappelle aujourd'hui la confidence que m'avait faite une dame âgée l'année dernière. Elle m'expliquait que sa belle-mère venait
aux réceptions si joyeuses du château après la guerre 14-18, où l'on fêtait la paix dans la joie de vivre. Ou celle encore de ce visiteur dont le père avait eu l'occasion de jouer au billard
avec le marquis en fumant un cigare dans le salon des hommes.
Bercé par tout ses souvenirs j'avoue que je suis à nouveau tenté, à la fin de la journée, de pousser telle ou telle porte fermée au public pour m'asseoir sur un vieux fauteuil et
me replonger dans cette atmosphère de silence recueillit d'où renait la vie des temps oubliés
J'avais eu lors d'une visite pluivieuse à Rambures, il y a environ deux ans, l'occasion de discuter avec le régisseur du fait que j'envisageais de reproduire le château, tel qu'il était à sa construction, en 3D. Quoique le temps file fort vite et que mon travail ne me laisse que très peu de temps pour m'occuper de cela, la modélisation avance, lentement mais sûrement.
Vous pouvez vous en faire une idée sur mon site : www.captainmarlowe.fr
J'envisage même un petit reportage mêlant 2D et 3D sur l'historique du château (sous son angle "forteresse militaire"). Mais cela me demandera certainement encore au moins un an de travail, au rythme auquel j'avance.
En tout cas, bravo pour ce blog ; vous avez bien de la chance de vivre au quotidien dans un endroit aussi fascinant.
nous avons tenté une petite visite sur votre site mais malheureusement, le lien est mort...
Voici un lien qui devrait marcher : www.captainmarlowe.fr